Panneaux acoustiques en PET recyclés, est-ce écologique ?

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Panneaux acoustiques en PET recyclés, est-ce écologique ?

Catégorie : Ecologie

De nombreux fabricants acoustiques vantent les bienfaits de leurs solutions de panneaux acoustiques en PET recyclés. Ces produits seraient écologiques. Mais, qu’en est-il vraiment ? C’est ce que nous verrons dans cet article.

Qu’est-ce que le PET recyclé ?

Le PET

Le PET est une abréviation qui signifie polytéréphtalate d’éthylène (ou « polyéthylène téréphtalate » en anglais). C’est une fibre synthétique polluante petro-sourcée (issu du pétrole) qui fait partie de la famille des polyestères. Elle s’obtient par le mélange de différents composés chimiques, dont l’éthylène glycol et le téréphtalate (du plastique). La fabrication d’un kilo de cette matière nécessite près de 2kg de pétrole brut. Ce matériau est donc issu de matières fossiles.

Aujourd’hui, beaucoup de produits en PET ne peuvent pas se recycler en raison de leurs compositions Ceci peut notamment être dû aux additifs.

Le PET recyclé

Il est obtenu en recyclant des différents types de produits plastiques tels que :

  • Des bouteilles (principalement)
  • Des vêtements
  • Des emballages

Le PET peut être recyclé de 2 manières différentes :

  • Mécaniquement : la bouteille en plastique est lavée, déchiquetée, puis reconvertie en une puce de polyester, qui passe ensuite par le processus traditionnel de fabrication de la fibre
  • Chimiquement : permet de récupérer la substance du plastique pour pouvoir en recréer (monomère qui compose les polymères). Le recyclage chimique peut-être obtenu par :
    1. Dissolution
    2. Dépolymerisation
    3. Conversion

Aujourd’hui, pour des questions de coût, le PET est surtout recyclé de manière mécanique.

Les problèmes du PET

La fabrication du PET est polluante … et son cycle de vie également

L’utilisation d’énergie fossile et de matières chimiques

Comme expliqué en préambule, le polyester nécessite l’utilisation d’énergies fossiles (pétrole notamment) et de différents composés chimiques dans sa confection.

Nous voyons donc que, dès la création de la matière, l’impact environnemental est loin d’être neutre.

La pollution des océans et … de nos estomacs

Une étude de l’association Surfrider, qui œuvre pour la préservation des océans, a démontré que le PET fait partie des du top 5 des détritus les plus abondants sur les côtes.

Ceci n’est pas sans conséquence. Ainsi, une étude de la WWF démontrait que l’être humain ingère environ 5 grammes de plastique par semaine.

Une incitation à utiliser des matériaux inutiles et néfastes pour l’environnement

Nous en conviendrons donc, le meilleur déchet est celui qu’on ne fabrique pas. Se baser sur des produits qui n’ont aucun bienfait écologique et aucune nécessité (les bouteilles plastiques sont très facilement remplaçables par des gourdes) est une incitation à leur utilisation et à leur fabrication.

Une production énergivore

Comme expliqué en préambule, la plupart des rPET sont obtenus par recyclage mécanique, car il s’agit du moins coûteux des deux procédés et il ne nécessite aucun produit chimique autre que les détergents nécessaires pour nettoyer les matières premières. Cependant, cette méthode génère un problème de taille dans d’un point de vue écologique. En effet, avec un recyclage mécanique, comme la fibre peut perdre de sa résistance, il est nécessaire de rajouter de la fibre vierge. C’est ce qu’explique l’Office fédéral de l’environnement (OFEV). Autrement dit, les rPET nécessitent de la matière qui n’a jamais utilisée dans le processus de recyclage.

De même, lors d’un recyclage par polymérisation, le PET, sous forme de paillettes, va être mélangé avec un solvant (le glycol) et chauffer à plus de 260°. Le problème est que le plastique se dégrade quand il est chauffé. Il sera donc utilisé, dans ce cas-là, pour fabriquer des produits de qualité inférieure.

De plus, même si les rPET utilisent 59% d’énergie en moins que le polyester vierge, ils demeurent très énergivores comparés à des matériaux comme le coton, le chanvre et la laine biologiques et ordinaires. C’est ce que nous apprend ce tableau tiré d’un rapport de 2010 du Stockholm Environment Institute.

Tableau des matériaux et de leur consommation énergétique

Le PET n’est pas recyclable à l’infini, ni biodégradable

Autre élément important, le polyéthylène téréphtalate (PET) n’est pas biodégradable. C’est le cas de nombreux plastiques. Pour information, 68 kg de déchets plastiques sont jetés par an et par personne en France (étude de 2015). Il convient de rappeler que 90 % de ces déchets persisteront longtemps après notre propre mort.

Le PET ne se recycle qu’un nombre de fois limité. Ainsi, l’INRA a mis en avant qu’il ne se recyclerait que 2 fois et 3 fois dans le meilleur des cas. N’étant également pas biodégradable, cela pose fondamentalement des questions sur sa fin de vie. Il finit donc enfoui ou incinérer. Bien évidemment, le PET recyclé peut également finir dans les océans.

Le retraitement des matériaux se fait souvent en Asie

Depuis de nombreuses années, de nombreux déchets plastiques, recyclables ou non, sont envoyés en Asie afin de ne pas être traiter en Europe et aux Etats-Unis. Selon un rapport de Greenpeace la France serait le 16ème plus gros importateur de plastiques vers l’asie.

Or, près des trois quarts des déchets plastiques exportés vers l’Asie ne seraient pas traités de manière appropriée. Ceci causant des effets au niveau mondial (pollution, émissions de CO2, …).

De même, la demande pour le PET recyclés étant de plus en plus forte, nos pays industrialisés n’ont pas la force de frappe pour recycler ces déchets.

Ainsi, ces matières sont souvent importées depuis des pays étrangers. Elles posent donc un vrai problème sur le coût énergétique du transport.

Au cours de notre phase de recherche et développement, nous avons ont même entendu que certaines bouteilles venant de pays asiatiques étaient recyclées sans être utilisé pour mieux être vendus. En effet, avec la montée de la demande et les contraintes réglementaires, le PET recyclé vaut plus cher que le vierge.

En raison de cela, des études ont démontré que le PET recyclé pouvait avoir un impact énergétique total plus important que du PET non recyclé.

De même, nous entendons de plus en plus d’initiatives qui seraient responsables en France. Or, cela ne se traduit pas dans les chiffres. La FEDEREC publie notamment, chaque année, une étude sur l’évolution de la filière du recyclage en France. Et, contrairement à ce que l’on pourrait penser, on note une diminution du nombre de sites (2000 établissement en 2018 contre 2050 un an auparavant) et un marché qui se stabilise en termes d’emplois.

Les panneaux acoustiques en PET : problème de santé et d’efficacité

Problème de santé

En raison de sa composition, le PET n’est pas non plus l’allié de notre santé. Issu de la pétrochimie et produit d’un mélange de substances chimiques (teintures, glycol, etc…) il contient des perturbateurs endocriniens (causes d’anomalies physiologiques, et notamment reproductives) et de substances cancérigènes (polyfluorés).

En 2009, des toxicologues allemands ont également mis en avant le fait que le poly(téréphtalate d’éthylène), à cause d’additifs, serait nocif pour la santé et engendrerait des problèmes de fertilité.

En outre, différentes études suggèrent que les bouteilles en PET contiennent une substance cancérigène : « l’oxyde d’antimoine ». Certains estiment qu’il n’y a aucune raison de s’inquiéter, car les quantités sont trop faibles pour être considérées comme toxiques (500 mg / kg de PET). Cependant, le Textile Exchange classe «la recherche de produits de substitutions à l’antimoine» comme un des «défis» du rPET.

Problème de performances acoustiques

Enfin, au-delà de l’aspect écologique, le PET n’est pas le matériau le plus efficace d’un point de vue acoustique.

Bien que les produits acoustiques fabriqués à partir de PET soient efficaces, d’autres matériaux, plus performants existent.

Pourquoi notre Gamme de panneaux acoustiques MUTUM Eco va plus loin ?

Des panneaux acoustiques 100% recyclés et recyclables … un grand nombre de fois

Nous avons fait le choix de n’utiliser que des matières premières recyclées et pouvant se recycler de nouveau un nombre de fois important.

De même, nous souhaitions utiliser, au maximum, des matériaux naturels et qui ne contribuent pas à la pollution.

Pour cette gamme, nous utilisons notamment :

  1. De la laine de mouton : labelisée OEKO-TEX®
  2. Du textile recyclé : laine de coton biosourcé en quasi-totalité
  3. Du carton recyclé : issu de forêts responsables (FSC)
  4. Une impression sans solvant, très peu énergivore

60 millions de consommateurs a notamment réalisé une étude sur le sujet en indiquant l’énergie grise nécessaire à la fabrication et au transport de différents isolants. Les résultats se situent dans le tableau à droite

Tableau sur les isolants acoustiques

Une filière française

Toutes les matières premières de notre gamme MUTUM Eco peuvent être recyclées et cela dans les usines françaises de nos partenaires.

Comme expliqué dans la section précédente, nos produits peuvent être recyclés un grand nombre de fois notamment grâce à des machines permettant de filtrer les souillures des matières premières. Ainsi, de la laine de coton, même un peu abimée, peut être recyclée sans aucun problème (contrairement à de la laine de verre ou de roche).

De plus, nous avons réalisé nos différents tests normatifs (acoustique, feu, …) en France.

Des matériaux durables et sains

Comme nous l’avons vu précédemment, la question de santé se pose au niveau des isolants acoustiques. Elle se pose avec la constitution des matières premières. Mais elle se pose également lors de la mise en œuvre.

Ainsi, la laine de coton ne dégage aucune poussière lors de sa mise en œuvre. Elle ne contient pas de microfibres cassantes irritantes tant pour la peau que pour les voies respiratoires contrairement aux laines minérales (laine de roche ou de verre).

La durée de vie de la laine de coton est de 40 ans et elle ne perd pas ses propriétés dans le temps. Alors que les isolants minéraux, c’est plutôt 10 ans et ils perdent leur propriétés dans le temps en se rétrécissant.

Un engagement sociétal

Nous essayons de travailler nos produits en maximum avec des matières premières locales. Mais, nous privilégions le travail avec des sociétés ayant un engagement responsable avec notamment des emplois durables d’insertion.

De même, nous essayons de soutenir l’activité locale en travaillant avec des écoles de notre région.

Conclusion sur les panneaux acoustiques et le PET

Il est à comprendre que le plastique ne peut constituer une alternative durable fiable pour l’environnement. L’utilisation de matériaux naturels et durables ont un impact bien moindre et peuvent facilement remplacer les bouteilles en PET recyclés qui ont un impact environnemental non négligeable.